Joan Beringer NBA Debut: Exclusive Interview – Legend Aims

Having switched from football to basketball barely five years ago, Joan Beringer is sinking fully into his new life as an NBA basketball player. The kingpin from Sélestat gave us a long interview to discuss his first steps on the American courts, where everything is excessive.

Pour sa première saison en NBA, Joan Beringer a un temps de jeu limité (sept minutes, pour une moyenne de trois points et deux rebonds par match), mais le Bas-Rhinois de 19 ans commence à se faire une petite place au sein de l’effectif des ambitieux Minnesota Timberwolves, excellents cinquièmes de la conférence ouest, alors qu’on a passé la mi-saison.

Sous l’aile protectrice de son compatriote Rudy Gobert, qui occupe le même poste de pivot que lui, Joan Beringer profite de chaque minute de son rêve américain. Dans le froid polaire du Minnesota, l’ex-footballeur reconverti sur le tard basketteur, s’est confié à Ici Alsace.

Ici Alsace : On vient de passer la mi-saison en NBA. Quel bilan tirez-vous de ces premiers mois ?

Joan Beringer : J’ai fait quelques matchs en G League (NDLR, la Ligue de développement de la NBA), puis j’ai commencé à avoir quelques opportunités en NBA. J’ai un peu plus montré aux yeux du coach et de tout le monde. J’ai pu jouer beaucoup contre San Antonio et Wemby. C’était une très belle expérience, même si je ne vous cache pas qu’après ce match, j’étais sorti frustré parce qu’on avait perdu sur les dernières minutes. Vers la fin du quatrième quart-temps, je fais un drive sur Wemby, il fait faute, mais les arbitres ne sifflent pas et c’est le tournant du match. Donc j’en suis ressorti un peu frustré. Mais bon, c’était une belle expérience. Depuis j’ai quelques minutes par match et j’essaye à chaque fois d’en profiter et de les exploiter au maximum.

Ça doit être une sensation extraordinaire de fouler ces parquets de NBA au contact des meilleurs joueurs de basket du monde ?

C’est clair, c’est un rêve. C’est vraiment un rêve qui se réalise.

Est-ce à la hauteur de vos attentes ou mieux encore?

Franchement, c’est extraordinaire. En fait, mon premier match, quand j’ai joué à Milwaukee, c’était tellement incroyable que je ne pouvais même pas me rappeler comment le match s’était déroulé. C’est comme si mon cerveau s’était déconnecté pendant le match. C’était juste mon instinct qui jouait. Mais moi je n’étais pas présent.  Un parquet NBA c’est tellement grand, rien que d’y poser les pieds, à chaque fois c’est incroyable.

Vous qui avez commencé le basket il y a cinq ans à peine, ça doit être fou de vous retrouver face aux plus grandes stars du jeu ?

Le niveau est tellement extraordinaire, c’est juste incroyable. J’ai été impressionné par Jokic et Luka Doncic. Mais franchement, celui qui m’a le plus impressionné, c’est Wemby. Il est super dominant. Avec sa présence sur le terrain, il modifie la défense à lui tout seul. Tu ne peux plus attaquer comme tu veux quand il est là.

Vous débarquez en NBA où vous devez aussi relever le défi de la barrière de la langue. Ça n’est pas trop difficile ?

L’accent américain est assez fort. C’est un grand changement pour moi de parler l’anglais. Je prends des cours quand je peux et je progresse. J’essaye d’écouter énormément. Je suis très sérieux sur mon anglais parce que c’est la base de tout ici.

À Minnesota, vous bénéficiez de la présence d’un joueur français, Rudy Gobert qui joue à votre poste de pivot. Il doit beaucoup vous aider. Quelle relation avez-vous avec lui ?

Franchement, on a une super relation. Déjà, Rudy c’est quelqu’un en or humainement. Il fait toujours les efforts sur le terrain à chaque match, c’est un leader sur le terrain et en dehors. Ce que j’aime bien chez Rudy, c’est qu’à chaque match, il prend tout au sérieux. Pouvoir côtoyer ce genre de joueur, surtout à mon âge, c’est un vrai plus.

“Je pensais que -29, ça n’existait qu’en Sibérie”

Vous devez aussi vous adaptez au climat, pas seulement à la langue. L’hiver en Alsace c’est tranquille par rapport au Minnesota ?

À un moment, il faisait -29 à Minneapolis. Je n’avais jamais vu ça de ma vie. Je pensais que ça n’existait qu’en Sibérie. Je ne pensais pas que c’était possible d’habiter dans ces zones où il fait -29. Mais oui, le froid dans le Minnesota, c’est juste autre chose qu’en Alsace (sourires).

Comment fait-on alors pour résister à ce froid ?

J’ai envie de te dire que tu ne sors pas plus de cinq minutes. Tu restes dans la voiture. Même respirer avec cette température-là, t’as du mal, ça devient une épreuve. C’est abusé.

Vous n’avez pas trop de temps de libre de toute façon pour sortir, car le rythme des matchs est effréné en NBA. Comment encaissez-vous ça ?

C’est une bénédiction de pouvoir faire autant de matchs, de pouvoir jouer comme ça au meilleur niveau du monde. J’en profite tout le temps, de tous les aspects, basket et en dehors. J’essaie de profiter un max de ces expériences.

Comment est l’ambiance dans les salles en NBA ?

Alors, franchement, j’ai joué en Serbie, où l’ambiance est incroyable. En Croatie et dans les pays des Balkans en général, c’est encore un autre monde. C’est plus chaud qu’ici encore. Les salles du Partizan et de l’Etoile Rouge, c’est quelque chose.

Est-ce qu’il vous arrive  parfois de repenser à vos débuts dans le basket il y a cinq ans quand vous n’aviez plus de chaussures de foot à votre taille ?

Franchement, quand j’y repense, ça me fait sourire. C’est une bénédiction. C’est clair, c’est incroyable. Mais j’essaie quand même rester concentré sur le présent et tout ce qui se passe ici.

Vos proches, vos parents sont-ils déjà venus regarder des matchs aux Etats-Unis ?

Oui, ma mère est souvent là. Mon père essaie de venir de temps en temps, mais c’est assez compliqué parce qu’il bosse en France. Il va venir d’ailleurs me voir bientôt. Et il y a mon frère aussi, mais pour l’instant mes amis n’ont pas eu encore la chance de venir. Eux aussi trouvent ça incroyable. Mais on reste focus sur le présent. J’essaye de capitaliser pour chaque minute passée sur le terrain, pour chaque moment. Ils me donnent leurs avis, leurs conseils. C’est un plus d’avoir sa famille près de soi.

En quatre mois sur les parquets américains, à quel point pensez-vous avoir progressé, malgré votre temps de jeu limité ?

À part ma première année de basket où j’ai appris toutes les bases, c’est l’année où j’ai le plus progressé. Ça ne se voit pas peut-être énormément sur le terrain, car je suis dans un rôle. Ce que je suis capable de faire par rapport à l’année dernière, c’est incroyable. Je sens vraiment que je progresse. Le basket aux Etats-Unis, c’est un autre basket. La mentalité est complètement différente. C’est un plaisir de progresser dans cet environnement-là.

À quel niveau avez-vous surtout progressé ?

Je dirais dans tous les aspects du jeu, que ce soit la lecture du jeu, que ça soit le dribble, balle en mains, jeu au poste, drive, shoot, tous les aspects du jeu. Mais, surtout c’est ma lecture du jeu qui est meilleure, être mieux placé au bon endroit, au bon moment.

“On a de grands rêves avec les Wolves”

L’idée maintenant, c’est de continuer cette progression au fil des matchs, des mois,  des saisons ?

Oui, c’est exactement ça. C’est de continuer à progresser et de devenir la meilleure version de soi-même. Je suis content, mais je reste sur le présent et je veux toujours devenir meilleur. Donc oui l’objectif c’est d’impacter ce sport et de devenir une légende.

Vous évoquiez tout à l’heure l’état d’esprit américain qui est particulier. Ça vous plaît ?

Franchement, j’adore. C’est un état d’esprit tellement différent qu’en France et même en Europe. Ici on n’en fait jamais assez sur le terrain de basket. C’est un plaisir de pouvoir bosser dans un environnement comme ça. Personnellement, ça me correspond bien parce que je suis une personne qui aime tellement bosser. L’état d’esprit est tellement tourné vers la réussite. C’est juste différent.

Votre équipe des Wolves est très ambitieuse. Jusqu’où peut-elle aller cette saison en NBA ?

Notre objectif, c’est clair, c’est viser le sommet. Dans notre équipe, on sait tous où on veut aller. On bosse dur tout le temps et on a un groupe incroyable, très soudé. On verra où ça va nous mener. Mais on a de grands rêves.

Anthony Edwards est moins connu que Lebron James ou Stephen Curry. Mais c’est un talent incroyable que possède Minnesota ?

Ce qu’il peut faire sur un terrain de basket, je n’ai jamais vu ça. Il peut tellement changer un match à lui tout seul. Il est tellement fort, ça en devient choquant. Côtoyer un tel joueur tous les jours, c’est une bénédiction, surtout à mon âge. J’essaye d’en profiter un maximum. C’est incroyable.

Même en Alsace vous n’étiez pas connu avant de débarquer en NBA. Votre vie a-t-elle changé en dehors des parquets ? Y a-t-il beaucoup plus de sollicitations et d’autographes à signer ?

Oui quand même, je signe plus d’autographes. Les gens me reconnaissent depuis que j’ai été drafté. Mais je garde toujours les pieds sur terre. Et puis ma maman et mon papa sont là pour me le rappeler. On reste humbles.

Pour finir, quelle image vous a le plus marqué depuis vos débuts en NBA ?

Si je devais retenir quelque chose, je pense que ce sont les 55 points d’Anthony Edwards contre Wemby et San Antonio. C’était quelque chose. Le talent à l’état pur.

Est-ce que vous avez encore le temps de suivre l’actualité du Racing, vous le fan de foot ?

Malheureusement, je ne peux plus regarder les matchs. Et je n’ai vraiment plus de temps de les suivre. C’est basket, basket, basket.

Sofia Reyes

Sofia Reyes covers basketball and baseball for Archysport, specializing in statistical analysis and player development stories. With a background in sports data science, Sofia translates advanced metrics into compelling narratives that both casual fans and analytics enthusiasts can appreciate. She covers the NBA, WNBA, MLB, and international basketball competitions, with a particular focus on emerging talent and how front offices build winning rosters through data-driven decisions.

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