Le Finlandais Oura a transformé la surveillance biométrique des athlètes et du grand public depuis son incursion mémorable dans la bulle de la NBA à Disney World en juillet 2020, selon les documents de l’entreprise et les rapports de l’industrie.
L’irruption de la bague intelligente dans le sport professionnel
En juillet 2020, alors que la crise du Covid paralyse le monde, la NBA installe sa saison de basket dans un complexe hôtelier fermé à Disney World, en Floride, pour éviter les contaminations. Les organisateurs déploient alors deux mille bagues en titane en forme d’imposantes chevalières, conçues à cent cinquante kilomètres du cercle polaire par la société finlandaise Oura, d’après les données historiques de la marque. Connectés à un smartphone, ces anneaux permettent de surveiller les variations de la température corporelle et de déceler potentiellement le Covid plusieurs jours avant l’apparition des symptômes, marquant la première grande incursion médiatique de la compagnie fondée sept ans plus tôt.
Une conception ancrée à Oulu et un héritage technologique
Malgré des ambitions financières mondiales et une forte concentration de son marché aux États-Unis, Oura maintient son siège social ainsi que toute sa recherche et développement à Oulu, selon les informations officielles de la société. Cette ville portuaire du Grand Nord constitue la capitale technologique de la région, où l’État finlandais concentre la recherche universitaire et l’électronique depuis les années 1980. Le géant national Nokia y a autrefois employé des milliers d’ingénieurs, et après son recul dans la téléphonie mobile en 2012, près de 3 500 d’entre eux se sont retrouvés sur le marché du travail, certains rejoignant Oura, à l’image de Kari Kivelä, d’après les dossiers industriels. Oulu demeure également le berceau historique de la mesure de santé par capteur digital, un professeur de l’université locale, Seppo Säynäjäkangas, y ayant déposé en 1977 un brevet pour un appareil quantifiant le pouls au bout du doigt avant de fonder la marque Polar.
Technologie, design et métriques de récupération
Vendre un objet connecté dans un marché saturé de montres et de bracelets représentait un pari audacieux, mais la bague mise sur l’absence d’écran et sur la forte vascularisation du doigt pour optimiser la collecte de données, explique Dorothy Kilroy, directrice des opérations d’Oura. Au réveil, l’application mobile fournit un score de préparation ou readiness noté sur 100, évaluant si le corps est prêt à affronter la journée, précise l’entreprise. L’appareil suit le sommeil via la fréquence cardiaque, la température cutanée et les mouvements, tout en mesurant le niveau de stress, l’activité physique et les cycles menstruels. La société revendique 5,5 millions de bagues vendues depuis 2015 et près de 5 millions d’abonnés payants, tandis que la cinquième génération de l’anneau, sortie récemment, affiche une finesse accrue de 40 % par rapport au modèle précédent, d’après les communiqués d’Oura.
Concurrence internationale et perspectives d’avenir
Le marché des anneaux connectés s’est intensifié avec l’arrivée de nouveaux acteurs comme le français Circular, des marques asiatiques faisant chuter les prix, et le géant sud-coréen Samsung, d’après les analyses sectorielles. Les analystes de l’Institut Xerfi, représentés par leur directeur d’études Flavien Vottero, rappellent toutefois que ce marché partait de zéro et que la bague ne représente encore que 4 % des objets connectés de santé en France, où ce secteur tend à plafonner. Pour consolider sa position, Oura s’appuie sur un contrat majeur conclu pour accompagner les athlètes américains dans leur récupération lors des Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles, réitérant la stratégie de visibilité déployée quatre ans plus tôt avec les stars du basketball professionnel.
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